TIEBILE DRAME: »LE MALI D’IBK RESSEMBLE A UN BALAFON CREVE »

La rentrée politique du Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA), formation de l’opposition malienne, a eu lieu, samedi 20 février 2016, sur l’esplanade du Palais de la Culture « Amadou Hambaté Bah », sous la présidence de Tiébilé Dramé, président du parti. Il avait à ses côtés, outre ses compagnons de parti, des chefs de partis amis comme Modibo Sidibé, président des FARE.

Le parti mène des enquêtes

Après que l’assistance eut été invité à chanter ensemble l’hymne national puis l’hymne du parti, l’ancien ministre Djiguiba Keïta dit PPR, Secrétaire Général du PARENA, prend la parole. Il rappelle que le parti a aujourd’hui 21 ans et rend hommage aux fondateurs dont, entre autres, Bintou Maïga, Hamidou Diabaté, Drissa Diakité, Tiébilé Dramé et Bréhima Brénogo, le seul actuel député du parti. PPR profite de l’occasion pour dénoncer la gestion du régime IBK marquée, à ses dires, par des « scandales financiers » à répétition. PPR constate que dans l’affaire des engrais frélatés, des têtes sont tombées (Bocar Tréta, ex-ministre du Développement Rural, et Kalfa Sanogo, ex-PDG de la CMDT) et espère que d’autres tomberont à bref délai. Quant aux 1000 tracteurs achetés à leur intention par le gouvernement, les paysans, selon l’orateur, n’ont pu les acquérir en raison du prix élevé (6000 000 de FCFA), ce qui transforme l’opération « 1000 tracteurs » en gabégie. PPR annonce que « dans les jours à venir, le PARENA fera toute la lumière sur les rumeurs selon lesquelles Karim Kéïta, le fils du président IBK, voudrait ou aurait déjà acheté un jet privé ». Le parti enquête aussi sur « la vente de parcelles de la zone aéroportuaire » et appelle les Maliens à rester mobilisés contre les ennemis du pays, dans le strict respect de la Constitution. Tamboura Mah Kéïta, présidente des femmes du PARENA, souligne, elle, que cette rentrée politique sera l’occasion pour le parti de réfléchir à l’état de la nation et de proposer des solutions pour sortir de l’ornière où l’a plongée la mauvaise gouvernance. « Le Mali est dans un gouffre, les Maliens dans l’humiliation quotidienne. La terre est surchauffée, le ciel hors de notre portée et l’impasse évidente. Il faut qu’on en sorte ! », s’écrie-t-elle.
Le président des jeunes du PARENA, Seydou Cissé, décrie, pour sa part, le « manque de vision du régime d’IBK quant à l’insertion des jeunes » dans la vie économique. Sur les 17 millions d’habitants du Mali, plus de 14 millions sont, selon les statistiques officiellres, des jeunes mais sont « réduits à la marginalisation du fait du manque de politique d’insertion ».

Tiébilé dénonce l’inertie du pouvoir

Intervenant le dernier, Tiébilé Dramé, le chef du parti, demande à Dieu de faire en sorte que les autorités actuelles aient pitié des Maliens qui souffrent dans leur chair et leur âme. Pour Tiébilé, le Mali traverse une « profonde crise sécuritaire » avec son corollaire d’attaques meurtrières: Tombouctou le 5 février 2016; Monoro les 7 et 12 février; Inakar le 17 févier; Ansogo le 19 février; Hombori, Ménaka Anderamboukane…Or, pour sortir de cette grave insécurité, le gouvernement et le président IBK n’ont, selon Tiébilé, aucune plan. « Si ce plan existe, le peuple malien voudrait bien le savoir! », ironise l’orateur qui, dans la foulée, déplore que 9 mois après la signature des accords d’Alger, le gouvernement se complaise dans la lenteur dans leur mise en œuvre. Comparant le Mali d’IBK à un « balafon crevé » dont ne se dégage plus aucun son, le président du PARENA martèle: « IBK n’a pas de projet pour le nord du Mali. Il n’a pas de projet pour restaurer la paix et la stabilité au nord du Mali. S’il avait un projet, on l’aurait su et vu depuis longtemps. De façon générale, IBK n’a pas de projet pour le Mali car s’il avait un projet, pendant 2 ans et demi, il l’aurait mis en œuvre. Les gouvernants actuels nous conduisent droit dans le mur. ». Tiébilé Dramé appelle les Maliens à se donner la main pour que le Mali ne coule pas sous nos yeux. « Nous devons imposer au président de la République un changement de cap », clame Tiébilé. Il faut, selon lui, vite aller aux « concertations nationales prévues par les accords d’Alger », c’est-à-dire à une conférence d’entente nationale. « Le gouvernement prévoit cette conférence pour octobre 2016, ce qui montre qu’il n’a pas l’intention d’appliquer sitôt les accords d’Alger », conclut Tiébilé Dramé.

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