Sommet France-Afrique : les gardes du corps refusent la prime de 8000 FCFA décidée par le Ministère de la Sécurité

En vue du Sommet France-Afrique qui s’est tenu à Bamako du 13 au 14 janvier 2017, quelque 700 agents des forces armées et de sécurité ont été spécialement formés pour assurer la sécurité des hautes personnalités.

Ces agents ont effectué  deux mois de formation pratique à Samanko, route de Guinée, où se trouve un camp militaire. Chaque agent recevait 1000 FCFA par jour de formation.

Promesse

« Après la phase de formation, le ministère de la Sécurité nous a promis qu’à partir du 1er décembre 2016, chacun de nous recevrait  25.000 FCFA par jour jusqu’à la fin du sommet, le 14 janvier 2017 », nous confie un agent formé. Le même agent affirme que le ministère n’a pas tenu sa promesse: « Du 1er décembre 2016 jusqu’au début du Sommet, aucun agent n’a reçu les 25 000 FCFA promis par le ministère ».

Pourtant, les agents ont été déployés Place du Cinquantenaire, à Bamako, pour effectuer des exercices de simulation sécuritaires. Ont-ils mené des démarches pour recevoir leur dû? Oui, répond notre source qui affirme que régulièrement, les responsables du ministère qui se rendaient à la Place du Cinquantenaire étaient relancés au sujet de la prime de 25.000 FCFA. « Tous ceux que nous avons rencontrés nous assuraient que le paiement aurait lieu et de ne pas nous inquiéter », relate notre interlocuteur.

Or, non seulement les agents n’ont pas vu la couleur d’un billet, mais en outre, lorsqu’ils ont été cantonnés à la Place du Cinquantenaire, ils trouvaient à peine à manger. « Pour boire, nous étions obligés d’acheter des sachets d’eau sur nos deniers propres », confie notre source.   Il révèle que face à la grogne ambiante, le ministère a finalement dû s’expliquer: il a ainsi été dit aux agents que chacun d’eux percevrait une prime totale de 8000 FCFA pour toute la durée du Sommet. « Pour la période du 1er décembre 2016 au 12 janvier 2017, veille du Sommet, nous ne percevrons donc rien », se lamente notre interlocuteur. Lui et ses camarades ont perdu tout espoir de mettre la main sur le pactole promis car après la tenue du Sommet, ils n’auront aucun moyen de pression. Ils n’ont en pas moins exécuté leur devoir en assurant la sécurité des hôtes.

Démenti du ministère

Le ministère de la Sécurité  dont nous avons joint le chargé de Communication, Amadou Sangho, dément formellement les allégations des agents. Selon M. Sangho,  les primes promises par le ministère ont été intégralement payées: 1.000 FCFA par agent formé et 10.000 FCFA par  formateur. Sangho estime que « ces primes ne pas obligatoires » et que c’est par « humanisme » que le ministre a décidé de les octroyer aux agents pour leur permettre d’effectuer de petits achats en tant que chefs de famille.

Pas de primes mais des costumes

Mais comment expliquer que des agents de sécurité reçoivent des primes de 8000 FCFA alors qu’on n’a pas hésité à leur payer à chacun un costume noir à 150. 000 FCFA l’unité ? M. Sangho reconnaît que chaque agent a effectivement reçu un costume d’une valeur de 150 000 FCFA. « Cette dépense, fait-il remarquer, n’était pas  non plus obligatoire mais a été réglée de la poche du ministre qui tenait à ce que tous les agents portent la même tenue ».

Aux dernières nouvelles, les agents de sécurité ont refusé d’entrer en possession des 8000 FCFA de primes décidés par le département.

Abdoulaye Koné

 

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