Présidentielle: pourquoi Kalfa Sanogo fait trembler

Depuis que l’ancien patron de la CMDT a pointé le nez vers Koulouba, c’est le branle-bas de combat dans les états-majors politiques, surtout au sein de l’ADEMA dont Kalfa est un militant. Il faut dire que le maire de Sikasso présente de sérieux atouts que nous examinons. Le maire de Sikasso, Kalfa Sanogo, sera candidat à l’élection présidentielle de 2018. Il ira au charbon même au cas où, selon ses amis, il n’obtient pas l’investiture de son parti, L’ADEMA. 37 associations ont déjà porté leur choix sur cet ancien patron de la CMDT, la plus grosse entreprise et le plus gros employeur du Mali.

De sérieux atouts

L’homme est réputé intègre et travailleur. En 2014, il a quitté la CMDT en laissant en caisse des bénéfices de 14,3 milliards de FCFA et une production de 550 000 tonnes de coton (le 3ème record historique de l’entreprise publique). Pour avoir longtemps travaillé dans le système des Nations unies, il connaît l’intérêt de la bonne gouvernance et les moindres arcanes de la diplomatie économique.

Kalfa, bien qu’assez âgé, a aussi l’avantage de paraître neuf dans le sérail politique. Il ne semble traîner aucune casserole. part, en tout cas, avec la confiance de la région de Sikasso (la plus grosse circonscription électorale du Mali, devant le district de Bamako!), mais aussi celle du monde paysan, la couche sociale la plus nombreuse du pays, qu’il a côtoyé de fort près en tant que patron de la CMDT qui encadre 4 millions de cotonculteurs.

Obstacles majeurs

Mais Kalfa Sanogo a encore bien du chemin à faire. Déjà, la seule annonce de sa candidature par ses amis a suffi à faire sortir de ses gonds le parti ADEMA qui, dans un communiqué rageur, déclare que Kalfa n’a pas été investi par lui. Communiqué d’autant plus hâtif que Kalfa avait dit publiquement à ses amis qu’il attendait le résultat des primaires de l’ADEMA pour se prononcer sur sa candidature. En réalité, le but de l’ADEMA, où le chef de l’Etat compte beaucoup de soutiens, est de discréditer d’avance un candidat qui prend son envol dans un vivier aussi peuplé que Sikasso.

Kalfa Sanogo souffre également d’un déficit d’image au niveau national et international. N’ayant jamais fait de politique, il apparaît comme une sorte de campagnard surgi dans l’arène politique nationale. On ne sait rien de ses amitiés avec des dirigeants étrangers, notamment avec ceux de la France. Or, nul n’ignore le poids de la France dans les scrutins africains, singulièrement dans un pays où opèrent depuis quatre ans 4000  soldats français. Enfin, nul ne peut se prononcer sur l’option que privilégierait Kalfa dans le traitement du dossier du nord, de loin le plus épineux de l’heure.

Tiékorobani

Catégories : MALI,POLITIQUE

Étiquettes : ,,

Les commentaires ne sont plus acceptés.