Point de vue: ce qu’enseigne le cas Donald Trump

La société civile américaine force mon admiration. Comme un seul homme, elle s’est levée pour défendre les vieilles valeurs démocratiques des États-Unis contre les décrets liberticides du nouveau président, l’inéffable Donald Trump.

Si on le laisse faire, le locataire de la Maison Blanche va bientôt éliminer, d’un trait de plume, les syndicats, les partis, les ONG, les tribunaux et, bien sûr, les journalistes qu’il ne se gêne guère de qualifier de « pires êtres de la terre ».Faut-il d’ailleurs attendre autre chose d’un homme qui traite de « ridicule » la décision d’un tribunal fédéral et qui, pendant la campagne, annonçait qu’il n’en reconnaîtrait les résultats que s’il gagnait ? Ne faut-il pas craindre le pire d’un chef d’Etat qui, au nom du plein emploi et de l’argent, veut barricader la libérale Amérique, jeter les alliés à la poubelle, chasser les musulmans et les étrangers à coup de gourdins  et  gouverner à coup de décrets, tel un roi africain du Moyen-âge ?

Garant constitutionnel de l’indépendance de la justice et de l’exécution des décisions de justice, Donald Trump n’a pas hésité à conspuer le tribunal qui a osé suspendre son décret anti-musulman du 27 janvier 2017. Le président a, à cet égard, publié, le 3 février, les trois messages suivants sur le réseau social Twitter:

* « L’opinion de ce soi-disant juge, qui prive notre pays de sa police, est ridicule et sera cassée ! »

* « Où va notre pays quand un juge peut arrêter une interdiction de voyager faite pour des raisons de sécurité intérieure et quand n’importe qui, même avec des mauvaises intentions, peut entrer aux Etats-Unis ?»

* « Le juge ouvre notre pays à des terroristes potentiels et à d’autres qui ne partagent pas nos meilleurs intérêts. Les méchants sont très contents!».

A la réflexion, Trump vise, en secret, trois objectifs majeurs:

* tester les capacités de réaction des institutions et de l’opposition et foncer en cas d’inertie de leur part;

* montrer à ses électeurs qu’il a décrété tout ce qu’il avait promis et que la non-application des décrets n’a pas dépendu de lui;

*en tous les cas, se présenter à la présidentielle de 2020 comme l’homme qui fait toujours ce qu’il dit et qui dit ce qu’il fait…

En clair, sous des dehors d’homme d’affaires tendu vers le seul profit financier, le président américain est un redoutable homme politique qui sait, en cas de besoin, reculer comme il l’a déjà fait à trois reprises : contre toute attente, il a, en effet, réitéré son absolue confiance aux services secrets américains (NSA, CIA, FBI, DEA, etc.) qu’il n’avait cessé de descendre dans les flammes pendant la campagne électorale; il a aussi condamné les nouvelles colonies israéliennes en territoire palestinen, y voyant une grave atteinte à la paix au Moyen-Orient; il a enfin décidé que les sanctions économiques américaines seraient maintenues contre la Russie tant que celle-ci n’aurait pas restitué la Crimée à l’Ukraine. Un sacré faux bond à ses inconditionnels amis de Tel Aviv et de Moscou!

En vérité, le cas américain montre bien que la liberté n’est jamais un acquis, mais plutôt une conquête de tous les jours, y compris dans de vieilles et authentiques démocraties comme le pays de Lincoln. En conséquence, si vous ne vous battez pas pour conserver vos droits, ne pleurez pas de les perdre!

 

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