Ouolofobougou: la mosquée divisée entre deux imams

Les fidèles qui fréquentent la mosquée du quartier de Ouolofobougou, en commune 3 de Bamako, n’ont plus la paix depuis le décès de l’imam titulaire. Le nouvel imam ne fait pas l’unanimité et c’est peu dire !

Les fidèles rejettent l’inconnu

Mody Traoré, conseiller du quartier et membre du comité de gestion de la mosquée nous explique que l’imam défunt, Seydou Tall, est décédé en mai 2016, laissant derrière lui un suppléant du nom d’Ibrahim Diallo. A la grande surprise de la communauté musulmane du quartier, la famille du défunt, en accord avec le chef du quartier, sont allés chercher un inconnu  du nom d’Amadou Tidiane Tall, qui serait un cousin du défunt, et que les deux hommes tiennent à instituer dans la mission d’imam.

Cette décision a été  rejetée par les fidèles qui préfèrent que le suppléant de l’imam décédé deviennent imam titulaire. Remue-ménage dans la mosquée. Des policiers du 12ème arrondissement, préalablement mobilisés par le chef du quartier, interviennent énergiquement pour prévenir une bagarre généralisée. Les policiers décident même, par précaution, de fermer la mosquée en attendant qu’une solution de consensus soit trouvée.

Division en deux camps

Mais le mal est fait. Depuis ce jour, les fidèles sont scindés en deux camps rivaux: celui qui milite pour l’imamat du suppléant et celui qui soutient l’imam proposé par le chef du quartier. Conséquence: les fidèles d’un camp ne participent pas aux cérémonies sociales présidées par l’imam de l’autre camp (baptêmes, mariages, funérailles, etc.).

Pour résoudre ce grave différend, la section du Haut Conseil Islamique de la commune 3 de Bamako est sollicitée. Celle-ci propose  de partager les différentes prières entre les deux imams rivaux qui officieront à tour de rôle. Le camp de l’imam suppléant adhère à cette idée qui sera rejetée catégoriquement par le camp opposé: Amadou Tidiane Diallo. Incapable de régler le problème, le Haut Conseil islamique de la Commune 3  le soumet au bureau national de la LIMAMA, la ligue malienne des Imams. Cette Ligue n’a rien pu faire depuis quatre mois.   « Nous voulons que ce différend soit tranché selon les prescriptions musulmanes », exige Mody Traoré qui dit ne pas comprendre l’inertie du  Haut conseil Islamique et de la LIMAMA. Il estime que de nos jours, la mosquée de Ouolofobougou a perdu son attrait puisqu’une mosquée n’est pas un lieu de querelles et que les fidèles ne doivent pas prier derrière un imam auquel ils ne font pas confiance.

Abdoulaye Koné

 

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