Marche de l’opposition: la gouvernance du pays critiquée

La marche de l’opposition, après avoir été reportée suite à l’hospitalisation du chef de l’Etat à Paris, s’est finalement tenue le samedi 21 mai. Compte rendu…

A l’appel des partis politiques de l’opposition, plusieurs milliers de Maliens ont battu le pavé le samedi 21 mai 2016 pour dire non à ce qu’ils appellent « la mauvaise gouvernance ». Partis de la Place du Souvenir pour se rendre au Monument de l’Indépendance, les marcheurs étaient précédés des leaders des partis de l’opposition comme Soumaila Cissé de l’URD, Tiébilé Dramé du PARENA, Souleymane Koné des FARE, Daba Diawara du PIDS,  Saadou Diallo du PDES, Alassane Dembélé de l’ANCD. Encadrés par un impressionnant dispositif de policiers, de gendarmes et de gardes, les marcheurs sont arrivés sans incident au Monument de l’Indépendance. Ils scandaient les slogans suivants : « Non à la mauvaise gouvernance », « Non à la corruption généralisée », « Non à la dilapidation de nos maigres ressources », « Non à l’arrogance et au mépris », « Non à l’absence de dialogue social », etc.

L’adresse de Tiébilé Dramé

 A la Place de l’Indépendance, Tiébilé Dramé pris la parole en premier. Le président du PARENA dira que cette marche est une marche contre le chômage, contre « l’association de ma famille dans les affaires publiques », la cherté de la vie, la gabegie, etc. Il précise que c’est aussi une marche pour le retour de l’ex-président ATT à la maison. Selon Dramé, « le président IBK souffre d’une maladie plus grave que la parathyroïde : il souffre d’autisme car IBK n’entend rien, ne voit rien, ne comprend rien! Mais le peuple le fera entendre et voir ». Pour terminer, l’orateur clame que « le régime d’IBK est un fiasco de gouvernance, un fiasco de démocratie ».

Soumaila Cisséaccable le pouvoir

A la suite de Dramé, les marcheurs chantèrent l’hymen national avant que Soumaila Cissé, chef de file de l’opposition, ne prenne la parole. Soumaila Cissé a d’abord salué la mémoire des victimes civiles et militaires, maliennes et étrangères des violences qui frappent durement le Mali. Il a aussi présenté les condoléances de l’opposition  aux familles des disparus et souhaité prompt rétablissement aux blessés. Pour Soumaila Cissé, « les Maliens sont sortis parce que ça ne va pas ». Il explique : « Et pourtant nous avons alerté ! Sans cesse alerté ! Nous avons toujours dénoncé toutes les dérives qui caractérisent la gouvernance de notre pays ! Pour toute réponse, nous avons eu le mépris des autorités et la diffamation publique, nous avons été traités d’apatrides, de « hassidi » ». Aux dires de l’orateur, le Mali est en proie à de « terribles souffrances sociales, à de persistantes déviances affairistes, à la  misère grandissante ». De plus, la méfiance  s’installe dans la communauté internationale et chez les investisseurs. Cissé estime que « 30 mois d’immobilisme » ont « anéanti l’espoir, le bonheur et l’honneur » promis par le régime actuel. Le président de l’URD ajoute: « Notre peuple n’aspire qu’à la paix, à la quiétude dans la solidarité et le partage. C’est pourquoi nous avons invité les Maliennes et les Maliens de tous bords ce matin à la marche pour le Mali, pour faire entendre le cri de désespoir de notre peuple. Le cri du peuple est notre cri à tous et c’est ensemble, au-delà des clivages politiques, que nous devons désormais dénoncer les dérives du régime, nous engager au chevet de notre pays, pour le bien-être des populations ». Toujours selon Cissé, « le pays vit dans l’incertitude, le pouvoir tourne à vide, sans but ni visibilité, les incantations tiennent lieu de réponse à l’angoisse du peuple ». L’orateur fait état de l’inefficacité de l’État à fournir les services de base (éducation, santé, justice, administration); il dénonce  les spoliations et les multiples tracasseries dont le peuple fait l’objet. Et il affirme: « Les Maliens ne se reconnaissent pas dans l’État tel qu’il fonctionne, avec des milliers de Maliens privés de soins primaires, d’école, d’électricité, d’eau potable et de sécurité« . Soumaila Cissé  déplore qu’au nord du Mali, l’Etat soit absent et les populations abandonnées à elles-mêmes, sans que l’Etat prenne ses responsabilités en matière de sécurité et de défense du territoire.  « Il faut un État fort, solide, stable et juste, capable de donner une direction au pays », prêche le leader de l’opposition.   Pour y arriver, l’opposition exige la tenue d’assises nationales pour la refondation de l’État, le retour d’ATT pour une vraie réconciliation nationale, la fin de la dilapidation des ressources publiques, l’emploi des jeunes, une meilleure dotation des forces armées, la présence de l’État sur toute l’étendue du territoire national.

Abdoulaye Guindo

Catégories : MALI,POLITIQUE

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