Macina: les travailleurs observent 72 heures de grève

A Macina, les travailleurs de l’administration ont observé 72 heures de grève sans ordre d’aucdun syndicat. Que veulent-ils ?

Les travailleurs de l’administration malienne opérant dans le cercle de Macina, dans la région de Ségou, ont observé, partir du mercredi 13 décembre 2017, une grève de 72 heures pour réclamer une prime de risque et l’ouverture d’agences bancaires dans la zone. Cette grève, qui a paralysé toute l’administration du cercle de Macina, est l’oeuvre, non d’une structure syndicale, mais plutôt d’un regroupement informel appelé « Coordination des Travailleurs de Macina », dirigée  Wally Diawara, enseignant de son état.

Mépris des autorités

Nous avons joint au téléphone Sikinè Soumounou, Secrétaire à l’organisation de Coordination.Il nous explique que la grève fait suite à une négligence des autorités maliennes, et singulièrement du gouverneur de Ségou, face aux deux doléances de l’ensemble des travailleurs : l’octroi de primes de risque et le retour des banques à Macina. La Coordination avait ainsi adressé une première correspondance, le 7 mars 2017, au préfet de Macina, qui l’a transmise au gouverneur de Ségou. Une deuxième correspondance a été cette fois envoyée au gouverneur lui-même.

Face au silence de cette autorité, la Coordination a adressé à l’Inspection du travail de Ségou  un préavis de grève de 48 heures pour les 23 et 24 novembre 2017. Ce mouvement de débrayage a été ajourné suite à des interventions sociales multiples. Un second préavis de 72 heures a été déposé par la Coordination par-devant le gouverneur de Ségou; qui n’a même pas daigné rencontrer les demandeurs. C’est alors que tous les travailleurs de Macina sont allés en grève les 13, 14 et 15 décembre, nous indique M. Soumounou.

Pour lui, le cercle de Macina est considéré comme une zone rouge par toutes les chancelleries diplomatiques à cause de l’insécurité grave qui y règne. Les travailleurs méritent, à ce titre, une prime de risque, autrement appelée prime de zone, en raison des risques d’attentats qu’ils traversent tous les jours dans le cadre de leur travail. De plus, à en croire notre interlocuteur,  tous les établissements bancaires et la plupart des ONG ont quitté le cercle de Macina à cause de l’insécurité. Quand il y a des paiements à faire (pensions, salaires, etc.), les  banques dépêchent sous escorte militaire à Macina quelques agents qui, juste après l’opération, retournent le même jour à Ségou. Mais aucune banque n’opère de manière permanente à Macina. Comme s’il ne s’agissait pas d’une localité malienne ! Or forte de 72 villages, Macina est la première zone de l’Office du Niger…

Selon la même source, la grève de 72 heures a été suivie à 100%. Mairie, préfecture, tribunal, impôts…Tous les services publics ont fermé leurs portes. D’autres actions seront envisagées si les autorités continuent d’ignorer les revendications des travailleurs.

Abdoulaye Koné

Catégories : MALI,POLITIQUE

Étiquettes : ,,

Les commentaires ne sont plus acceptés.