GAO: Le gouverneur Seydou Traoré poursuivi pour assassinat

L’association « Gao Lama », représentée par Abdel Kader Souley Maïga, a, le 12 juin 2017, déposé une plainte avec constitution de partie civile devant le juge du 1er cabinet d’instruction de Gao contre le gouverneur Seydou Traoré. Cette plainte (voir fac-simile) fait suite à la marche  populaire réprimée en juillet 2016 par les forces de l’ordre au prix de pertes en vies humaines.

Il faut rappeler que pour contester la mise en place des autorités intérimaires à Gao, les populations révoltées. Le 12 juillet 2017, conduites par les associations « Gao Lama » et « Jeunes Patriotes »), elles avaient entrepris une marche malgré l’interdiction du gouverneur. Les marcheurs devaient partir du Monument de l’Indépendance pour rejoindre le gouvernorat où un cahier de doléances serait remis au chef de l’Exécutif régional. Malheureusement, ils ont été chargés par les forces de l’ordre au niveau de la Direction Régionale de la Police. Débordée, la police se replie pour laisser le service d’ordre à la Garde nationale et à l’armée. Les soldats tirent à balles réelles sur les manifestants, faisant trois morts et une trentaine de blessés. Les personnes décédées sont  Seydou Douka Maiga,  Mahamane Housseiny, 22 ans et un autre.

A présent, un an après ces événements douloureux, l’association « Gao Lama » ne décolère pas et demande en justice des comptes au gouverneur. La plainte reproche à Seydou Traoré des faits d’assassinat, de complicité d’assassinat et d’incendie volontaire. Pour les plaignants, c’est le gouverneur qui a interdit la marche et créé les conditions du drame. Leur conseil n’est autre que Maître Maliki Ibrahim, natif de la zone.

Par ailleurs, depuis un mois, le départ du gouverneur est réclamé par les populations de Gao. Chaque jour, des groupes de manifestants font le sit-in devant ses bureaux. Il est même question, au cas où il resterait en fonction, d’empêcher les services publics d’ouvrir leurs portes.

Abdoulaye Koné

Catégories : NORD-MALI

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