Editorial: changer d’hommes et de politique

Le président IBK a, comme nous l’avions prévu, formellement sursis au référendum constitutionnel. Au-delà des jeux de mots, le contexte et les circonstances permettent de penser qu’en l’espèce, le sursis signifie l’abandon définitif du projet.

Non seulement la décision du chef de l’Etat le sauve d’une épreuve de force, voire d’un coup de force, mais en outre, elle lui donne une autre image: celle d’un homme qui, à la fin des fins, se résout à reculer pour mieux sauter. IBK a reculé mais pour mieux sauter, il lui faudra emprunter une démarche nouvelle, synonyme d’électrochoc:

* Il doit immédiatement sacrifier ceux qui ont incarné l’échec du projet référendaire: nous parlons bien de « sacrifice » car tout ministre ou assimilé sert, en République, de fusible au président et doit sauter afin de préserver le prestige de son chef, clé de voûte des institutions. C’est d’ailleurs parce que les ministres concernés n’ont pas assez joué leur rôle de fusibles institutionnels que la révolte des opposants au référendum a directement visé le chef de l’Etat qui, transformant en acteur l’arbitre que celui-ci aurait dû être;

* Dans la foulée, le président devrait ouvrir son gouvernement et sa mouvance à des acteurs politiques plus neufs et mieux écoutés: pourquoi pas à des leaders du mouvement  « Ante Abanna » qui viennent de prouver leur poids populaire?

* IBK devrait enfin revoir son dispositif de sécurité, de renseignements et de communication: l’affaire du référendum montre qu’avec un meilleur dispositif, il aurait pu mesurer avant l’heure l’ampleur du front anti-référendum, préparer des actions et des discours adaptés à la situation et, le cas échéant, retirer le projet sans contrainte apparente.

En définitive, les Maliens savent gré au président de leur avoir épargné une catastrophe qui s’annonçait imminente. Il pourrait transformer ce nouvel élan de sympathie en arme électorale en changeant d’équipes et de politique. C’est la clé de sa reconduction en 2018…

Tiékorobani

Catégories : MALI,POLITIQUE

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