Eclairages: ce que nous enseigne la victoire de Donald Trump

Donald Trump, le candidat républicain, a remporté le scrutin présidentiel à la surprise générale, aux dépens de Hillary Clinton. Voici les leçons que je tire de la victoire d’un homme que nul n’attendait.

* La victoire de Trump marque le rejet, par les Américains, de leur classe politique traditionnelle. Ils ont choisi un homme neuf combattu à la fois par tous les partis (y compris le sien), tous les grands médias, toutes les stars et toutes les grandes entreprises. Trump a su incarner =le petit peuple des villages qui en veut à mort au système politique en place. Un système qu’Hillary Clinton symbolise jusqu’à la caricature : ex-chef de la diplomatie, épouse d’un ancien président (Bill), favorite de l’actuel président (Obama), elle fait de la politique depuis trois décennies.

* Les Américains, surtout les ruraux, ont préféré un homme direct et bagarreur à une dame à l’allure froide et calculatrice : le premier leur a paru plus sincère et plus digne de confiance. Trump a bien compris que ces manières brutales qui lui ont fait gagner les primaires républicaines lui souriraient lors du scrutin présidentiel: il est donc resté lui-même.

* Le triomphe de Trump et l’élégance de sa rivale (qui a reconnu sa défaite) montrent que contrairement aux rumeurs véhiculées par le candidat républicain, la démocratie américaine est authentique et les élections régulières.

 * Aucun président n’a été élu avec autant de marge de manoeuvre que Trump: renié par son parti qui ne croyait plus en lui, il ne doit sa victoire qu’au peuple qui, pour l’élire, a déjoué tous les sondages et analyses théoriques. Par conséquent, Trump pourra gouverner sans subir le chantage des partis et des groupes de pression.

* En élisant Trump, l’antithèse même du politicien, le peuple américain est resté fidèle à sa tradition : tous les huit ans, il opte pour l’alternance, même aux dépens de la logique commune des analystes politiques. N’a-t-il pas, par le passé, porté au pouvoir un acteur de cinéma comme Ronald Reagan ? Un semi-lettré comme Georges W Bush ? Un Africain-Américain comme Barack Obama ? C’est le signe que ce peuple a soif de changement. Bien qu’il continue d’apprécier Obama (il garde 56% d’opinions positives), il ne veut pas d’Hillary, perçue comme l’héritière politique du président sortant.

* Le discours cru de Donald Trump en fait, en apparence, une sorte de nationaliste d’extrême droite qui effraie les marchés par son programme protectionniste et isolationniste. Mais les apparences trompent. L’homme ne mettra certainement pas à exécution ses menaces de rompre les accords économiques et militaires passés par l’Amérique et de rejeter à la mer les immigrés et les musulmans : il en sera empêché par le Congrès, les lois, la très puissante Cour suprême et la crainte des représailles des autres pays.

* Autant la campagne électorale diffère de la gestion du pouvoir, autant le président Trump sera différent du candidat Trump. Pour cette raison, le nouveau président, qui paraît loin des manigances politiciennes, pourrait redonner un nouveau souffle à une Amérique qui, depuis des années, investit dans des guerres de prestige au lieu de donner du travail et de la nourriture au petit peuple.

Dans ses premiers mots de président élu, Trump a appelé au rassemblement et au travail. Il a répété au téléphone ses bonnes dispositions au président Obama. Il a même d’ores et déjà renié ses pires annonces: interdire le sol américain aux musulmans et annuler « l’Obamacare », cette assurance-maladie qui permet à 42 millions de pauvres de se soigner aux frais de l’Etat. Nous en déduisons que sous des dehors terrifiants, cet homme garde tous ses esprits. Après tout, il faut avoir ses esprits pour devenir, comme lui, milliardaire en dollars !

Catégories : AMERIQUE,POLITIQUE

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