Doliprane pédiatrique : les experts rassurent les parents

Le doliprane pédiatrique à la fraise ne serait pas dangereux affirment des experts en santé en réponse à une pétition qui affirme le contraire.

C’est un best-seller des pharmacies depuis longtemps. L’antalgique Doliprane est resté en 2014 le troisième médicament le plus remboursé dans les officines françaises. Un produit courant donc mais dans le viseur de certains usagers depuis un mois, du moins pour la version destinée aux enfants.
Sur le site change.org, une pétition cible en effet, l’azorubine, un colorant alimentaire rouge identifié sous le numéro E122. Il est utilisé dans de nombreux produits tels que les biscuits et la pâtisserie, mais aussi dans certains médicaments pour enfants comme le doliprane pédiatrique à la fraise.

Interdit aux USA, en Autriche…

Signé par plus de 107 000 soutiens, l’auteur du texte rappelle qu’on le trouve aussi sous la dénomination « Brillant carmoisin O, Azorubine, Carmoisine, Azorubin S, Rouge Magenta, Acid Red 14, CI Food Red 3, et qu’il est classé dans le groupe 3 au Centre International de Recherches sur le Cancer (CIRC) car il est présumé cancérigène ».
Pour cette raison, Nathalie B explique que l’additif E122 est actuellement interdit aux USA, en Autriche, en Norvège, en Suède au Canada et au Japon, « mais pas en France !!! », déplore-t-elle.

Aucun danger pour certains spécialistes

Une décision tout à fait logique, selon certains experts en santé. Interrogé ce jeudi sur RTL, le Pr François Chast, chef du service pharmacologie-toxicologie de l’Hôtel-Dieu, a assuré que ce colorant ne présente aucun danger : « L’azorubine fait partie des substances qu’il n’est pas possible de classer dans les substances cancérogènes ». Des propos appuyés par une autre interprétation de la classification des substances cancérogènes effectuée par le CIRC. L’organisme de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a en effet intégré l’azorubine dans le groupe 3, destiné à tout « agent inclassable quant à cancérogénicité pour l’homme » à cause d’indications « insuffisantes ».

Sanofi répond aux inquiétudes

Et ce spécialiste a enfoncé le clou en affirmant que « l’azorubine ne provoque pas les effets indésirables qui ont été décrits dans cette pétition ». Il explique à ce titre que l’hyperactivité par exemple, « n’a jamais été démontrée comme étant une des conséquences de l’utilisation de ce colorant ».
Même son de cloche du côté de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa) qui a jugé « limitée » la portée de cette étude, pointant notamment que « dans la mesure où les résultats ont été obtenus sur un mélange de plusieurs colorants et non les colorants seuls, il est impossible d’attribuer à l’un ou à l’autre un effet dans le développement de la pathologie ».

A l’heure actuelle, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) française recommande seulement d’appliquer la mention « peut provoquer des réactions allergiques » sur ces médicaments.

Face à la polémique, Sanofi, qui commercialise le Doliprane, a aussi réagi. Le laboratoire français a publié un communiqué pour « rassurer les parents qui pourraient avoir des inquiétudes ». Il indique notamment suivre « quotidiennement le signalement des effets indésirables de l’ensemble des médicaments qu’il commercialise et les communique aux autorités de santé selon la réglementation en vigueur ».
« En accord avec les autorités de santé, Sanofi met à jour régulièrement l’information concernant ses produits destinée tant aux professionnels de santé qu’aux patients », conclut l’industriel.

Source : pourquoidocteur

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