Déchets nucléaires: comment les grandes démocraties empoisonnent leurs propres populations

Il existe une histoire terriblement triste qu’on a cachée à des générations d’Européens. Ils sont donc nés et morts en restant ignorants de ce qui les entourait. Ils n’ont jamais pu se poser une question pourtant élémentaire: depuis la révolution industrielle au 19ème siècle, qu’a-t-on fait des déchets toxiques qu’elle a générés ?

L’Europe, poubelle radioactive

La vérité tenue secrète est que toute l’Europe est une poubelle radioactive. Il s’y est passé quelque chose de très préoccupant. Chaque pays a, en secret, enfoui ses déchets radioactifs chez le voisin. Et ce voisin, ignorant de ce que l’autre était venu enterrer chez lui, est aussi allé enterrer ses propres déchets chez un autre voisin. Des années ont passé. La facture, très lourde, se traduit en prolifération des cancers dans toute l’Europe.
Nous sommes en 1949. Le Royaume-Uni débute une activité nocturne suspecte au large des côtes françaises : immerger ses déchets radioactifs dans la mer, à 15 km seulement des côtes françaises du Cap de La Hague. Cette activité durera 17 ans avant que la France ne la découvre et n’y mette fin. Au même moment, dans les années 60, la France allait au large des côtes espagnoles enfouir ses propres déchets dans l’Océan Atlantique. Elle reconnaît avoir ainsi enterré 14.000 tonnes de déchets radioactifs en mer. En 1967, accompagnée de 4 complices (l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni et les Pays-Bas), la France immerge 36.000 fûts contenant 11. 000 tonnes de déchets radioactifs au large des côtes espagnoles de la Galice. Elle récidive en 1969, avec une nouvelle bande de complices (l’Italie, la Suède et la Suisse) qui vient s’ajouter à l’ancienne bande (Belgique, Allemagne et Royaume-Uni) pour immerger 9.000 tonnes de déchets radioactifs en mer. Cette fois, on le fait au large des côtes de la Bretagne. De toute façon, les Bretons sont un peuple rebelle qui ne se sent pas très français; il peut donc être sacrifié. Encore en 2014, il n’existait aucune station de péage sur les autoroutes bretonnes parce que les Bretons n’en veulent pas et que chez eux, toutes les autoroutes sont gratuites. En 1969, le peuple breton n’est donc pas au courant ni ne peut réagir.
Tout cela a été interdit en 1983, avec la Convention de Londres. Conséquence: les pays européens ne savent plus quoi faire des déchets qu’ils continuent de produire. C’est le sauve-qui-peut avec, pour conséquence, l’augmentation exponentielle du nombre de décès dus aux cancers. En 1996, l’association écologique italienne « Legambiente » a tenu une conférence pour dire qu’une entreprise britannique dénommée « ODM » (« Oceanic Disposal Management ») proposait ses services en vue de contourner l’interdiction de la Convention de Londres. ODM justifiait ses services en prétendant que la Convention de Londres interdisait de ne pas enfouir les déchets radioactifs « dans » les mers et océans alors qu’elle les enfouissait plutôt « sous » la mer. Pendant 20 ans, tous les États européens se sont cachés derrière cette nuance pour continuer à enterrer des bateaux pleins de déchets. C’est ce qui explique que la plupart des poissons pêchés au large des côtes européennes soient radioactifs. C’était, en tout cas, la technique utilisée par tous les Européens pendant plusieurs décennies; une vraie politique de l’autruche : enfouir la tête dans le sable pour ne pas affronter le problème en face. Et cela consistait à prendre un vieux bateau destiné à la casse, à le remplir de déchets radioactifs et à le faire couler au large des côtes européennes. Ainsi, toutes les côtes européennes de la Méditerranée, de l’océan Atlantique et de la Manche sont pleines d’épaves de bateaux contenant des déchets toxiques. De temps en temps, des déchets remontent à la surface ou sont découverts par les pêcheurs. Dans toute l’Europe, c’est une catastrophe nucléaire, avec une montée des cas de cancers.

En France

La France croule sous le poids de ses déchets. Son sous-sol est une bombe radioactive. L’Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA), dans son rapport 2012, donne un chiffre qui fait froid dans le dos : la France a produit 1,32 million de m3 de déchets radioactifs et ne sait comment s’en débarrasser. Ces chiffres, certainement minorés, viennent des déclarations des 3 principaux producteurs français de déchets radioactifs (EDF, Areva, CEA) pour l’année 2010. Alors, au président Sarkozy est venue une idée: pourquoi ne pas se débarrasser des déchets en les enfouissant dans les constructions et les sous-sols d’autoroutes en construction ? Sitôt dit, sitôt fait. Aujourd’hui, plusieurs tronçons d’autoroutes françaises sont en cours de construction avec un mélange de ciment, d’acier et de déchets radioactifs.
Dans ce merveilleux pays démocratique qu’est la France, une entreprise nous intéresse. Elle ne comporte que trois syllabes: SOCATRI. 99% des Français ne la connaissent pas. C’est une entreprise en apparence insignifiante, avec un seul actionnaire et un capital de 200.000 euros, créée et immatriculée au Registre de Commerce et des Sociétés de Nanterre, dans la région parisienne, le 18 décembre 1974 avec le n° B 302 639 927, sous la forme juridique d’une EURL; son siège se trouve au 1, Place Jean Millier à Courbevoie, en région parisienne. Cette entreprise réussira ce que la mafia italienne – qui crée des partis, fait élire des députés et nommer des ministres – n’a jamais réussi: rendre légales ses activités d’empoisonnement des populations. Mais avant de développer le sujet, cherchons à savoir davantage ce SOCATRI veut dire: Société Auxiliaire du Tricastin. Ses activités ? Elle est enregistrée sous le code 3822Z qui, en France, signifie: « Traitement et élimination des déchets dangereux » et dans la catégorie « Eau et gestion des déchets ». Son unique actionnaire ? AREVA. Oui, vous avez tout compris: AREVA produit les déchets nucléaires et sa filiale, SOCATRI, les fait disparaître. Comment ? Nous le verrons maintenant.
Septembre 2004. SOCATRI demande au préfet du département français de la Loire l’autorisation de faire l’impensable : violer les lois françaises et, surtout, le Code de Santé Publique. Il lui demande l’autorisation de faire fonde dans une aciérie, « FEURMETAL », 550 tonnes de ferrailles radioactives pour, ensuite, les dissimuler à hauteur de 20% dans l’acier normal destiné à la fabrication d’objets pour l’usage du grand public, notamment la construction de bâtiments, de ponts et d’autoroutes. Selon vous, le préfet va-t-il donner l’autorisation ou refuser ? Eh bien, vous avez tout faux: il l’autorise ! Mais le pire n’est pas encore arrivé puisque cela reste au niveau d’un petit département. 5 ans plus tard, en 2009, soit 2 ans après l’arrivée au pouvoir de Sarkozy, c’est l’Etat central lui-même qui va autoriser d’empoisonner les Français à grande échelle avec cette pratique ! Sous le gouvernement de François Fillon, les entreprises françaises peuvent, en toute tranquillité, recycler les déchets nucléaires dans les biens de consommation et les produits de construction. Le 5 mai 2009, un arrêté ministériel introduit une procédure de dérogation au Code de la Santé, contre l’avis de la Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité (CRIIRAD). En d’autres termes, sous la présidence de Sarkozy, 4 ministres ont émis des décisions permettant de déroger à 2 articles du Code de la Santé publique et qui dataient de Lionel Jospin en 2002. Notamment les articles R.1333-2 et R.1333-3. Que disent ces 2 articles ? Article R.1333-2: « Il est formellement interdit d’ajouter délibérément des substances radioactives dans les aliments, les biens de consommations et les produits de construction ». Article R.1333-3: « Il est formellement interdit d’utiliser des matériaux et des déchets provenant d’une activité nucléaire – et qui sont contaminés ou susceptibles de l’être – pour la fabrication de biens de consommation et de produits de construction ». Et quels sont les 4 ministres impliqués ? Dans le décret de 2 pages et de 3 articles publié au Journal officiel du 14 Mai 2009, il y a 4 ministres pour ce seul petit document: le ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire; la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi; la ministre de la Santé et des Sports et la ministre du Logement. 4 ministres, ça sent du lourd et c’est du lourd ! Selon la CRIIRAD, désormais lancée dans une course contre la montre pour stopper cette folie et qui, pour l’instant, n’est écoutée par personne, ni de la droite, ni de la gauche, ni du Conseil d’Etat, les substances radioactives qu’on autorise dans les produits destinés au grand public ont la capacité d’induire des cancers chez les personnes exposées et des maladies génétiques chez leurs descendants. En d’autres termes, l’Etat français empoisonne ses propres populations en sachant très bien que des cancers toujours plus nombreux vont faire leur apparition, y compris en Afrique où l’on est friand de produits made in France ou made in Europe. Plusieurs associations écologiques françaises sont mobilisées contre ce décret, mais rien n’y fait: on est en démocratie… On peut même se permettre le luxe de donner aux autres nations les leçons de démocratie et de bonne gouvernance…
Depuis qu’on a interdit, en 1983, de déverser la poubelle radioactive à la mer, les producteurs d’électricité nucléaire ne savent plus quoi faire des déchets. Alors, presque tous, à commencer par l’Allemagne, ont joué sur le chauvinisme français. Tous ont chanté en chœur que la France était le pays le plus intelligent au monde, la seule nation de la planète à maîtriser le traitement la gestion des déchets nucléaires. Les Français sont tombés dans le piège. Leur pays est ainsi devenu la poubelle radioactive de l’humanité. Tous lui ont envoyé des wagons, des conteneurs, des bateaux entiers de déchets toxiques ou nucléaires. Cette supercherie dure jusqu’à l’arrivée d’une dame au ministère français de l’Ecologie: Ségolène Royal. Elle refuse l’importation en France de 9.000 tonnes de déchets venant d’Australie. Nous sommes le 18 juillet 2014. En pleine vacance d’été, un communiqué de 20 lignes est envoyé à la presse pour annoncer cette nouvelle: la ministre montre qu’elle a compris que pendant des années, la France a été roulée dans la farine par ses amis autoproclamés « pays démocratiques » qui l’ont submergée de déchets dangereux. La ministre dit aux pays voisins: si la technologie française pour traiter les déchets est efficace, pourquoi ne pas l’acheter en France et traiter vous-mêmes vos déchets ? Il était temps que quelqu’un se réveille ! Voici le communiqué: « MINISTÈRE DE L’ÉCOLOGIE, DU DÉVELOPPEMENT DURABLE ET DE L’ÉNERGIE: Ségolène Royal s’oppose à l’arrivée des déchets toxiques en provenance d’Australie. Une société australienne, ORICA, a déposé auprès de la Préfecture de l’Isère une demande d’autorisation d’importation depuis l’Australie de 9.000 tonnes de déchets très toxiques (sous-produits d’hexachlorobenzène) afin qu’ils soient incinérés sur le site exploité par TREDI à Salaise-sur-Sanne. Ségolène ROYAL a donné instruction au Préfet de l’Isère de s’opposer à cette importation au nom du principe de précaution, compte tenu du risque de pollution marine en cas d’avarie du navire pendant le transport, et du principe de proximité, qui exige que les déchets soient traités à proximité de leur source de production. Le transport de déchets dangereux en provenance des antipodes constitue une aberration écologique. Si les technologies de traitement françaises sont performantes, elles peuvent tout à fait être exportées pour permettre la réalisation d’unités de traitement adaptées, proches des activités productrices de déchets et respectueuses des règles de protection de l’environnement. »

Poubelle éternelle en Finlande

J’ai envie de décerner à la Finlande le Prix Nobel de la rigolade démocratique. Dans ce pays, ne sachant pas quoi faire des déchets nucléaires, on a décidé d’en faire un cadeau à leurs descendants. Ce qu’ils appellent là-bas « déchets radioactifs pour l’éternité ». Les Finlandais ont décidé d’enterrer les déchets dans une zone qu’on ne pourra rouvrir avant 100.000 ans. Nul besoin d’être historien pour savoir que dans 100.000 ans, ce ne sera pas la même population d’aujourd’hui qui sera là; les gens qui y vivront ne parleront même pas la langue d’aujourd’hui. Donc, comment signaler à ces futurs habitants le petit cadeau nucléaire qu’on leur a préparé au 21ème siècle ? Le chantier d’enfouissement a démarré en 2004 et les politiciens finlandais prévoient d’y enfouir les déchets nucléaires pendant 200 ans avant de le refermer pour l’éternité. Le défi est qu’il faut que ce lieu soit suffisamment caché et sécurisé pour que nul n’y accède avant 100.000 ans. Question: comment des politiciens, qui n’arrivent pas à anticiper de 2 ans des crises économiques, peuvent-ils faire des prévisions sur 100.000 ans? C’est pure folie ! La vérité est qu’ils ne savent que faire des déchets toxiques qu’ils produisent tous les jours.Et plutôt que de se questionner sur leur modèle économique, ils sont lancés dans une fuite en avant: ne jamais dire la vérité à la population qui doit bientôt voter mais, au contraire, la rassurer toujours… Le temps démocratique ne correspond pas toujours aux exigences géostratégiques ou de préservation de la santé publique. On en arrive donc à l’incroyable: aujourd’hui, les politiciens finlandais s’autoproclament champions du monde de l’écologie alors qu’ils empoisonnent leur terre ! Un film documentaire y est consacré : « Into Eternity », diffusé en janvier 2011 sur Arte-TV…

En Suisse

Fin août 2014, je me trouvais au Cameroun, sur les hauteurs de la ville de Bamenda. Soudain, observant les collines verdoyantes, je m’exclamai: « Ces paysages sont aussi merveilleux que ceux de la Suisse ! ». J’ajoutai aussitôt: « A la différence que chez nous, au Cameroun, le sol et le sous-sol sont aussi purs que nos ancêtres nous les ont légués. Là-bas, en Suisse, le sous-sol est pourri de déchets toxiques et radioactifs! ». Les Suisses savent leur pays doué dans la fabrication de montres de luxe. Ce qu’il ne savent pas, c’est qu’à cause de ces montres, une bonne partie du sol et du sous-sol de leur pays est devenue une poubelle radioactive. En 2012, durant les travaux du tronçon de contournement de l’autoroute A5, au niveau de la ville de Bienne de 50.000 habitants, les manœuvres découvrent une quantité importante de déchets radioactifs. Les recherches montrent que l’agent contaminant est le radium issu des usines d’horlogerie de la ville. Là où le bât blesse, c’est que cette poubelle radioactive avait été soigneusement préparée en potager communautaire pour les légumes bio au profit des ouvriers de Bienne. Un slogan récitait même : « Pour sauver la planète, arrêtez de consommer les légumes venus de trop loin (Kenya); consommez les légumes bio de Bienne ! ». Après cette découverte, a-t-on prévenu les populations ouvrières qui continuaient tranquillement de cultiver et de récolter ses carottes, épinards et tomates radioactifs ? Vous me répondrez : oui. Eh bien, vous vous trompez ! Chut, nous sommes en démocratie ! Le peuple, comme le disait le Suisse Jean Jacques Rousseau, ne compte qu’une seule fois tous les 5 ans, lorsqu’il doit voter ! La population ne sera pas informée et continuera d’y cultiver ses légumes. C’est 2 ans plus tard, en 2014, que 2 quotidiens suisses en font leur scoop: Matin Dimanche et Sonntags Zeitung…La population apprend alors que les politiciens, qu’elle croyait les meilleurs au monde, l’exposaient à une radioactivité de 300 microsieverts par heure. « C’est une valeur qui franchit les valeurs-limites », avouera le responsable de la division radioprotection à l’Office Fédéral de Santé Publique (OFSP). Voici ce que titrait, le 1er Juin 2014, le quotidien Matin Dimanche: « Ils ont jardiné sur des déchets radioactifs ». L’article poursuit: « Ce n’est qu’aujourd’hui, après avoir été confrontées aux informations fournies à Matin Dimanche par un whistleblower, que les autorités ont fini péniblement par confirmer la dramatique situation. » Tout commence avec une ancienne décharge à ciel ouvert dans laquelle l’industrie horlogère de l’époque avait enfoui une peinture phosphorescente servant à illuminer les chiffres des horloges et interdite pour son extrême dangerosité. A partir de 1950, deux tiers des 15 ha de la décharge désaffectée ont été convertis en quartier d’habitation. Quant au reste du terrain contaminé, il fut recouvert de 30 cm de terre fraîche avant d’être investi par la population qui y a installé une soixantaine de jardins potagers. Danie Dauwalder, porte-parole de l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP), déclare: « En certains endroits, on a mesuré jusqu’à 300 microsieverts par heure ». C’est-à-dire plus qu’autour de la centrale nucléaire de Fukushima ! ». Le Pr François Bochud, directeur de l’Institut de radio-physique du centre hospitalier du CHU V et président de la Commission Fédérale de Protection contre les Radiations et de Surveillance de la Radioactivité (CPR), n’a pas été tenu au courant de la situation à Bienne. Il déclare au journal: « Ne pas informer les habitants et les anciens occupants du jardin ouvrier était une erreur car tout finit par nous rattraper et il est beaucoup plus difficile de rester crédible ». Pour information, le radium a été découvert par Pierre et Marie Curie en 1898 et leur a valu le Prix Nobel de Physique en 1903. En 1910, Marie Curie réussit à isoler cette substance à l’état pur: blanche, elle noircit au contact de l’air libre ; on la trouve dans l’uranium; elle sert dans de nombreux domaines, notamment à la radiothérapie. Elle sert aussi à peindre les aiguilles et chiffres des cadrans des montres pour qu’on puisse lire l’heure, même de nuit. Et c’est cette peinture qui est radioactive. Ce qui m’a le plus touché dans cette affaire, c’est que peu de journaux font le rapprochement entre le scandale et l’usine Rolex qui, en 2014, emploie à Bienne 1400 personnes. Les organes de presse ne se sont pas hasardés à fournir le nom des potentiels responsables de cette décharge radioactive. La raison est simple: les journaux appartiennent à de grands groupes dont sont actionnaires les industries horlogères. Vive la démocratie !

En Italie

L’Italie, par référendum, a mis fin à ses centrales nucléaires. Mais elle n’a toujours pas résolu le problème des déchets qui en ont été générés. Le drame de l’Italie s’appelle Mafia, Ndranghetta ou Sacro Corana Unita. Des organisations criminelles qui ont compris qu’il y avait un trafic plus lucratif que la drogue et les armes : le trafic des déchets radioactifs. La mafia importe en Italie des déchets qu’elle enfouit dans des décharges clandestines et au cœur des parcs naturels. Comme le rapporte le quotidien italien Il Fatto Quotidano » du 27/10/2012, dans le petit village de Saluggia, les autorités font une découverte spectaculaire le 26 octobre 2012. Dans ce village sont stockés des déchets nucléaires en provenance de la centrale nucléaire de Pickering, village canadien situé sur les bords du lac Ontario. Mais aussi d’autres déchets nucléaires provenant des centrales nucléaires hollandaises… En plus de ces trafics, il existe en Italie un drame dont aucun quotidien ne parle. Après l’incendie à la centrale nucléaire de Tchernobyl, en avril 1986, c’est la panique générale dans le pays. Les écologistes en profitent pour organiser un référendum populaire en 1987 pour dire non au nucléaire, même si les 3 questions posées n’étaient pas très explicites pour fermer les 4 centrales nucléaires du pays. Le « Oui » à 80% va convaincre les politiciens de fermer toutes les centrales nucléaires italiennes de 1988 à 1990. Mais ce que la population ne savait pas, c’est qu’une centrale nucléaire à l’arrêt, qui ne produit plus d’électricité, coûte plus cher à démanteler qu’une autre en activité. Résultat : sans argent pour démanteler ses vieilles centrales de Sessa Aurunca et de Latina (au centre du pays), de Trino et de Caorso (au nord), 27 ans après le référendum, tous les réacteurs et appareillages contaminés, les salles de stockage et de combustion des centrales sont aujourd’hui là, à l’air libre; le vent qui y passe devient radioactif et pollue des kilomètres plus loin. Le 19 novembre 2000, l’émission d’investigation « Report » nous amène à visiter les centrales nucléaires italiennes à l’arrêt depuis 24 ans. A Caorso, le jour où on a éteint les machines, il y avait 190 tonnes de combustible nucléaire irradié prêt à l’emploi et 1800 m3 de déchets déjà produits. Tout est resté en place. Il faudrait 20 à 30 ans pour démonter la centrale. Mais l’Etat, faute d’argent, attend. L’émission révèle que malgré sa fermeture, la centrale continue de payer ses 180 travailleurs. Une vraie folie économique!

Quelles leçons pour l’Afrique ?

Dans les années 1990, à la chute de l’Union Soviétique, les Européens voulaient profiter de la confusion dans la nouvelle Russie pour y exporter leurs déchets radioactifs. Tout avait bien fonctionné jusqu’à l’arrivée au Kremlin d’un certain Valdimir Poutine qui a renvoyé les Européens à leurs responsabilités. Depuis, on ne sait plus quoi faire. Les centrales désaffectées italiennes et allemandes, devenues des cimetières radioactifs à ciel ouvert, sont une honte pour l’Europe qui achète à coups de milliards d’euros des chasseurs F35 pour aller faire la guerre contre le monde entier, y installer la démocratie, alors qu’elle s’avère incapable de dépolluer ses sites nucléaires pour le bien-être de ses populations. Si on comptabilisait les morts par cancer dans ces pays « démocratiques », des cancers très souvent liés à la pollution radioactive, on pourrait parler d’un génocide. Mais il n’en sera rien… De même, la Cour Pénale Internationale (raciste !) séquestre un chef d’Etat africain – Laurent Gbagbo – mais reste muette quand Israël bombarde Gaza ou que les lobbies du nucléaire tuent des populations entières en Europe et en Amérique. Mais il reste une justice à laquelle forts et faibles ne peuvent échapper: la justice de l’économie. Ces populations qui meurent tous les jours de cancers sont autant de bras et de cerveaux soustraits à l’économie de ces nations. Ces sols qu’on empoisonne coûtent à la compétitivité car le premier degré de la guerre commerciale tient à la qualité de ce qu’on offre: les Européens, en polluant leurs terres et mers, en sacrifiant la santé de leurs populations, sont en train de perdre la guerre économique qui leur est déclarée par les Asiatiques (Chine, Japon, Corée, Inde). Plutôt que de passer le temps à donner des leçons au monde sur des sujets qu’ils ne maîtrisent pas, ils feraient mieux de s’interroger sur leur modèle économique qui est en train de les plomber.
L’Afrique, par erreur, se laisse dicter des leçons par des gens qui vont droit dans le mur. Ils sont nombreux, ces génies qui, depuis Bruxelles, Paris, Londres et Washington, font des analyses pour donner des conseils aux Africains sur qui sera au pouvoir ou non, sur l’utilité de ne pas toucher aux forêts, etc. Ce sont les mêmes qui ont conseillé Georges Bush père et fils pour aller tuer Saddam Hussein; aujourd’hui, ils conseillent à Obama d’aller combattre de nouveaux « méchants » en Irak, c’est-à-dire ceux-là mêmes à qui ils ont donné les armes et l’argent pour combattre Assad en Syrie. Assad, ce « méchant » qui « tue son propre peuple », c’est-à-dire qui riposte à une rébellion comme cela se passerait à Londres ou à Paris si un groupe prenait les armes pour contester l’ordre public. Selon le Ministère français de la Santé, chaque jour en France, en 2012, 411 personnes meurent à cause du cancer. Soit 149.000 décès par an, dont 85.000 hommes et 63.000 femmes. C’est comme si tous les habitants d’une ville comme Genève ou Grenoble disparaissaient chaque année ! Et les causes, on les connaît : les contaminations et empoisonnement à travers la nourriture et l’air, en partie à cause des déchets nucléaires associés aux engrais chimiques qui vont tous finir dans les rivières, sont ainsi utilisés pour arroser les plantations, élever les animaux et vont, au final, créer des cancers. Et ces mêmes gouvernements qui contribuent à assassiner leurs propres peuples sont les premiers à tuer Kadhafi sous prétexte qu’il aurait tué son peuple. 411 morts par jour en France : si cela ne vous dit rien, c’est que c’est grave !…

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