Chronique satirique: pas de paix avec la CMA

Je vous le chante à cor et à cri depuis la nuit des temps: cette histoire de conférence d’entente nationale ne m’a jamais rien dit de bon. Vous savez pourquoi ? Parce que la paix ne permet pas aux rebelles de la CMA de mettre leur méchoui au four et de squatter les  grands hôtels de Bamako. Comment des bonshommes habitués à traire l’Etat comme une vache laitière et à manger les milliards issus du trafic d’armes et de cocaïne accepteraient-ils de déposer leurs armes et de se contenter d’un salaire de soldat malien ? Ce dont les bandits armés ont le plus besoin, c’est de pouvoir trafiquer à leur aise dans le désert malien qu’ils appellent poétiquement « Azawad ». Mais voilà: des désirs de ce genre ne peuvent être exprimés devant les milliers de têtes convoquées à la conférence d’entente nationale. La CMA n’est donc venue  à cette rencontre qu’en râlant et avec un plan: la faire échouer au plus vite.

Les compères enturbannés ont, comme  je m’y attendais, bondi sur le premier prétexte: le mot « Azawad ». Ils ont eu beau rouler des yeux et des oreilles, ils n’ont pu convaincre personne que l’Azawad a un contenu politique, ce qui reviendrait à reconnaître le droit de ce prétendu territoire à l’indépendance. Du coup, ils ont quitté les travaux en criant sur tous les toits qu’ils rejettent la conférence et ne feront pas la paix tant que l’Azawad n’aura pas été reconnu par tous les Maliens comme une réalité géographique, politique et culturelle.

Je vous assure que même si une conférence d’entente était tenue sur la lune et que l’Azawad était reconnu dans le sens exact qu’ils souhaitent, les rebelles de la CMA ne se laisseraient jamais désarmer et cantonner. Vous me trouvez bien pessimiste, n’est-ce pas ? Eh bien ! J’assume ce noir qualificatif. Je vous fais, en tout cas, remarquer que de 1991 à nos jours, les rebelles n’ont   respecté aucun des multiples accords passés avec l’Etat malien. Ils ne passent un accord que pour mieux préparer la prochaine révolte armée. Souvenez-vous aussi que de 202 à aujourd’hui, malgré les sommes colossales qu’ils amassent çà et là, ils n’ont construit dans leur cher Azawad ni route, ni édifice collectif, ni même une mosquée. C’est vous dire que leur but n’est pas de développer la zone ni de nourrir ses habitants. Ils veulent en faire plutôt une vaste route de trafics. Ce que la CMA appelle « indépendance » signifie simplement, en  langage rebelle, libre trafic. Et ce n’est pas une conférence qui changera la donne ! Et puis, je vous pose une excellente question: pourquoi la CMA accepterait-elle de voir enterrer le mot « Azawad » par d’inoffensifs conférenciers alors que, par les armes, elle a déjà contraint l’Etat à reconnaître ce mot dans les accords  de paix ?

Tiékorobani

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