Chronique Satirique: Madame Merkel oublie le gâteau à Berlin

Ladji Bourama est bien connu pour ses goûts greco-latins et l’immense affection qu’il porte au mode subjonctif. Mais comme les belles tournures syntaxiques héritées de Pierre Corneille ne nourrissent ni ne sécurisent leur homme (surtout sur les sables du nord), l’hôte de Koulouba s’inscrit à l’école allemande.  Qui sait ? L’Allemagne a sûrement de quoi donner à manger au bon et brave peuple du Mali qui fut avant que d’autres ne fussent, n’est-ce pas ? En tout cas, contrairement à l’Allemagne dont la croissance économique frôle des sommets et qui n’a guère souffert de la crise financière mondiale, la France ne possède plus un sou vaillant, obligée, pour survivre, de transformer son président en agent commercial chargé de vendre de la quincaillerie militaire aux Indiens et aux Qataris. D’ailleurs, pour avoir refusé d’acheter 50 hélicoptères d’Airbus portés à bout de bras par François Hollande, la Pologne essuie, ces derniers jours, les bouderies diplomatiques de l’Elysée.

Bon, bon ! Avec Anglela Merkel,  ce sera une autre histoire, inchallah ! Voyons un peu ce que Madame transporte dans son sac…

La chancelière est arrivée, dimanche, à Bamako. C’est la toute première visite d’un chancelier allemand au pays de Soundjata. J’ai personnellement scrutin le tarmac mais je n’ai pas remarqué des bagages très lourds. Pis: Angela n’avait pas le moindre sac !  Convaincu qu’une si haute et si riche personnalité ne pouvait se déplacer les mains vides, j’ai attendu qu’elle parle. Pour mon plus grand plaisir, Angela Merkel a parlé de la « nécessité de combiner soutien militaire et aide au développement » au Mali. Le soutien militaire est déjà une réalité puisque l’Allemagne participe à la Minusma à hauteur de 650 soldats (les premiers déployés par Berlin à l’étranger) et dirige la Mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM).

Mais côté argent, Madame Merkel se montre étrangement silencieuse. Grand Dieu qu’apporte-t-elle donc de sonnant et de trébuchant pour l’honneur du Mali et le bonheur des Maliens? J’ai, comme Ladji, ouvert  de grandes oreilles pour écouter la suite du discours. Certes, je ne comprends pas l’allemand mais aucun interprète n’a fait parlé d’argent ni n’a prêté ce mot à l’illustre visiteuse. Sauf ce bout de phrase qui met un peu de la salive à la bouche : « Le militaire seul ne peut apporter la sécurité et la paix ».

Voilà qui promet mais, hélas !, une promesse reste une promesse : elle ne fait guère bouillir la marmite. Or, sous nos climats, toutes les marmites sont vides, au point que les nomades restés sur leur faim depuis l’élection de Ladji Bourama commencent à quitter avec fracas le navire « Mali d’abord, inchallah ». C’est, par exemple, le cas du parti  ADP-Maliba et compagnie qui avaient cru pouvoir participer au banquet en rejoignant Ladji Bourama avec armes, fourchettes,  cuillères et louches. Ils n’ont aucune raison de revenir maintenant qu’ils savent que le père Noel, pardon, Madame Merkel a laissé à Berlin le gâteau au raisin qu’attendait Ladji Bourama.

A défaut de remplir la marmite dans l’immédiat, espérons qu’au moins, Madame Merkel n’oublie pas qu’« un militaire seul ne peut apporter la sécurité et la paix ». Croisons les doigts et prions pour qu’elle ne laisse pas le soldat Ladji trop longtemps seul…

 Tiékorobani

Catégories : Chronique satirique,MALI

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