Chronique Satirique: les armes électorales de Ladji Bourama

Le parti ADEMA souffre de boulimie, cette envie maladie de manger. La raison ? Lui qui pensait gérer la marmite nationale pendant au moins un siècle l’a perdue en 2002 suite à des querelles de famille. Résultat de ce sévrage brutal: le parti est devenu un transhumant. Il n’a pas encore pris la carte d’identité de l’Azawad, mais il a déjà pris les habitudes des Azawadiens de souche: manger à tous les râteliers et par tous les moyens.

Le problème, c’est que Ladji Bourama, ancien chef du parti, ne le tient pas en très haute estime. De surcroît, Ladji a du beau monde à nourrir, à commencer par les nomades venus de tous horizons, y compris des milieux religieux, chacun dûment armé de fourchettes et de cueillères longues comme le bras. Or, s’il faut partager le gâteau, la moitié ne suffirait pas aux abeilles, frelons et autres fourmis-magnans qui peuplent la ruche ADEMA. Donc, ce qui devait arriver arriva: l’ADEMA veut désormais la marmite pour elle toute seule et, à cette fin, a décidé de présenter son propre candidat à la préssidentielle de 2018. Ira-t-elle au bout de cette belle résolution de sa conférence nationale ? Rien n’est moins sûr. En effet, quantité de militants vivent des subsides distribués par les ministres du parti et s’il faut voter, ils voteront des deux pieds et des deux mains pour le ralliement du parti à la candidature de Ladji Bourama. Le hic, c’est que tous les ministres ne donnent pas autant d’aumône qu’il faudrait: j’en connais un qui, fraîchement sorti du chômage, garde ses sous pour ses vieux jours…

En vérité, Ladji Bourama ne semble pas trop s’inquiéter du brouhaha au sein de l’ADEMA. Il a dejà planté ses batteries atomiques  en position d’attaque et bien malien qui pourrait le priver d’un nouveau bail à Koulouba. En effet, son ancien directeur de campagne dirige désormais le gouvernement. Avez-vous jamais vu un directeur de campagne réussir en 2013, les mains vides, et échouer cinq ans plus tard  à faire réélire son chef malgré les moyens étatiques ? Deux précautions valant mieux qu’une, Ladji, malgré son agenda chargé, a personnellement inauguré la route goudronnée qui traverse Djalakorodji, le fief du célèbre prêcheur Chérif Ousmane Madani Haidara. Pour ceux qui l’ignoreraient, ce leader religieux revendique un bon million de talibés détenteurs de cartes NINA. Dans un pays où le nombre de votants ne dépasse pas trois millions, la « route HAIDARA » est bien celle de la victoire. Surtout qu’au dernier « Maouloud », l’hôte de Koulouba a passé la nuit aux côtés de Haidara. A côté de cet acquis, que valent les gymnastiques de « hassidis » pauvres comme Job ? Cerise sur le gâteau, l’ami socialiste François Hollande a légué le pouvoir à son fils spirituel, Emmanuel Macron, dont Ladji n’a, à priori, rien à craindre. Après tout, Macron ne conjugue pas forcément les verbes au subjonctif aussi bien que Ladji…Enfin, ce dernier a la pleine bénédiction des monarques saoudien et qatari qui ont la plus grande admiration pour son programme « Mali d’abord, inchallah ». Croyez-moi, par ces temps d’anti-islamisme exacerbé,  tout est dans le mot  « Inchallah »

Tiékorobani

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