Chronique satirique: la MINUSMA ou l’art de manger en paix

Lors de son récent séjour en Arabie, Ladji Bourama n’a ramené ni barils de pétrole, ni petro-milliards. Mais il reçu une médaille de Grand Wissam (en latin: Grandus Wissamus) et, surtout, il a fait la « Oumra » (petit pèlerinage). Le pèlerin national en a profité pour implorer le Seigneur Allah soubhana wa tallah de restaurer la paix au Mali. Je joins mes prières aux siennes car depuis six ans, nos soldats ne cessent de tomber, de même que nos pauvres compatriotes civils. Un conseil cependant: si Ladji veut sortir le pays d’affaire, il ne devra pas se faire d’illusions sur la MINUSMA.

Chargée, au départ, de préserver l’intégrité territoriale du Mali, la force militaire onusienne assiste, les bras croisés et la bouche remplie de biscuits, à l’occupation de Kidal et environs par les bandits armés. Mieux, alors qu’elle a reçu de la résolution n°2100 du Conseil de sécurité de l’ONU de protéger les institutions républicaines, elle a tranquillement joué au spectateur de western quand, en 2014, notre vaillant Premier ministre était chassé de la ville et nos préfets assassinés froidement. Pour continuer à justifier sa présence sur notre sol, la MINUSMA a prétendu alors combattre les terroristes. Au moment où le peuple malien applaudissait des deux mains cette bonne résolution, voilà l’institution-machin qui joue les rabat-joie: à ses dires, on n’appelle pas « terroristes » les bandits armés de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), mais plutôt les Iyad Ag Ghali, Belmokhtar et consorts. Une manière adroite pour la MINUSMA de dormir sur ses deux oreilles au nord puisqu’Iyad Ag Ghali et compagnie ne sont ni visibles, ni « combattables ». Par conséquent, Kidal peut continuer à être occupée et Gao à être bombardée: la MINUSMA ne  bougera pas le petit doigt.

Le plus drôle, si je puis parler de drôlerie en l’occurrence, c’est que cette Force qui manque singulièrement de muscles se prépare à s’éterniser chez nous comme à la belle époque de la colonisation. Dans cette douce perspective, elle est devenue experte, non pas en ratissages de terrain ou en fouilles de montagnes, mais  plutôt en…BTP. Ses nouveaux camps ne se comptent plus, ni les cohortes de maçons et de tâcherons qui vivent à ses frais. Que dis-je ? Aux frais de l’Etat malien puisque même les bidons d’eau des casques bleus sont facturés sur le prétendu fonds d’aide mobilisé au profit du Mali par les bailleurs de fonds à Bruxelles. Du coup, le Mali est censé avoir bénéficié de 2100 milliards de nos francs mais pas un rotin ne tombera dans le trésor public qui, bien entendu, doit racler au couteau les fonds de marmite pour apaiser les grévistes de la santé, de la justice ou de l’éducation.

En vérité, la MINUSMA est devenue une simple officine d’emplois pour militaires et policiers étrangers. Il faut dire que les salaires y sont élevés et les risques assez mesurés au regard du mandat peinard que se donne la fameuse Force. Vous en doutez ? Eh bien ! Songez un peu aux 150 casques bleus venus de la Côte d’Ivoire voisine: l’essentiel de cet effectif en grand uniforme se compose de mécaniciens, d’infirmiers et de…cuisiniers. Quant aux casques bleus chinois et allemands, ils ne veulent pas rester en marge du festin et s’en mettent plein la bouche. Avez-vous entendu parler d’un Allemand ou d’un Chinois mort en mission au Mali? Comme quoi, pour manger en paix,  rien de mieux que la MINUSMA

Tiékorobani

 

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