Chronique satirique: Fidèle Castro, l’homme qui, pendant 50 ans, a ridiculisé les tueurs de la CIA

L’Amérique n’est pas petite mais Allah est le plus grand. Voilà pourquoi Fidel Castro est mort de vieillesse (90 ans) dans son lit, au nez et à la barbe de la CIA (services secrets américains) qui, à des centaines de reprises, a tenté de le faire prendre et pendre comme son homologue irakien, Saddam Hussein, ou  libyen, Mouammar Khaddafi. Selon les experts en coups fourrés, le leader cubain a échappé à 638 tentatives d’assassinat fomentées par la CIA. Ce qui fait de lui le symbole vivant (et maintenant mort!) de la guerre froide qui, de 1945 à 1990, opposa le bloc occidental au bloc soviétique.

Baie des cochons

En 1959, les services américains ont une brillante idée : former des exilés cubains et les débarquer à Cuba pour liquider le régime révolutionnaire de Castro. Le plan est approuvé en mars par Eisenhower, ce général qui a vaincu les troupes hitlériennes avant d’être élu à la Maison Blanche. Des camps d’entraînement sont créés au Guatemala. Après avoir succédé à Eisenhower, en février 1961, John Kennedy approuve le projet. Ainsi, le 17 avril 1961, 1400 exilés cubains débarquent dans la baie des cochons, au sud de Cuba. Ce sera un fiasco total. Le Lider Maximo (surnom de Fidel) avait flairé la combine. Les bonshommes armés sont capturés comme des pigeons.

Stylo empoisonné

La CIA ne se décourage pas pour autant. Le 22 novembre 1963, un de ses agents confie un stylo empoisonné à une « taupe » cubaine haut placée  pour qu’il l’utilise contre Castro.La « taupe » rate, bien sûr, son coup. Ironie du sort, le même jour, le président Kennedy est assassiné à Dallas…

En 1966, un agent de la CIA tente de faire passer un cigare explosif dans la chambre de Castro alors que ce dernier se trouve en visite à New York. Encore un échec cuisant: l’agent se fait pincer comme un apprenti, lui et son fameux stylo-bombe.

Maîtresse retournée

Dans son livre « L’espionne qui aimait Fidel Castro », Marita Lorenz révèle : « A 19 ans, j’étais amoureuse de Castro. Et la CIA m’a chargée de le tuer ». Née en 1939 d’un père allemand et d’une mère américaine, Marita se trouve en 1959 à La Havane lorsqu’elle rencontre, pour la première fois Castro, le chef de la guérilla qui vient de renverser le régime du général Batista. Elle tombe sous immédiatement le charme de celui qu’elle décrit sous les traits d’un « géant beau comme un dieu ». C’est la lune de miel et Castro, lui aussi fou d’amour, répète à la demoiselle: « Je suis Cuba et tu es désormais la première dame ! ». Mais l’idylle tournera court. La CIA parvient à faire chanter Marita puis la charge d’éliminer son amant. On est en 1961. Marita raconte : « Je voulais voir Fidel, le prévenir qu’on voulait le tuer, mais il le savait déjà. Il m’a tendu son pistolet, que j’ai empoigné. Droit dans les yeux, il m’a dit: « Nul ne peut me tuer. ». Il avait raison. J’ai lâché l’arme et me suis sentie libérée d’un poids. ».

Projets loufoques

Une commission parlementaire américaine présidée par le sénateur Church recensera une tonne de plans anti-castristes de la CIA restés à l’état de projets ou déjoués par les services cubains. Je vous en résume quelques-uns :

* disperser un produit chimique mortel dans un studio de télévision où Castro doit enregistrer un discours;

* imprégner du même produit une boîte de cigares du leader cubain avec l’aide de chefs mafieux de Las Vegas;

* empoisonner les chaussures de Castro lorsqu’il descendrait dans un hôtel à l’étranger;

* utiliser un produit dépilatoire dans l’eau de bain de Castro pour que sa barbe tombe : il avait raconté, en effet, sur les antennes d’une télévision américaine : « Ma barbe signifie plein de choses pour mon pays. »;

* offrir à Castro, amateur de plongée sous-marine, une combinaison de plongée contenant un champignon mortel;

* charger d’explosifs des moules pour faire sauter Castro lors d’une de ses expéditions en mer;

* faire remettre au dirigeant cubain un mouchoir plein de bactéries mortelles dont il s’essuierait les mains ou les lèvres lors d’un repas…

Castro s’amuse

En 1975, Fidel Castro remet au sénateur américain George McGovern une liste de 24 tentatives d’assassinat perprétrées à son encontre par la CIA. Il a l’air de se payer la tête des espions américains qui, malgré des budgets colossaux, n’arrivent ni à envahir la petite île cubaine, ni même à détruire la barbe de son chef. Castro peut bien rire car il a de solides appuis. A l’époque, nul service secret ne peut se mesurer au KGB, son allié soviétique. De plus, le « Commandante »  a un ange gardien qui excelle dans le contre-espionnage : le général Fabian Escalante. Ce dernier n’a qu’une mission: protéger Castro contre l’ennemi de l’ombre. Son budget ? Sans limite. Né à La Havane le 24 de novembre 1940, Escalante publie plusieurs livres sur la guerre secrète des États-Unis contre la Révolution cubaine.

En tout état de cause, Castro est un miraculé. En 1962, il a failli provoquer la troisième guerre mondiale lorsqu’il a pactisé avec l’Union soviétique pour déployer à Cuba, à quelques kilomètres des côtes américaines, des missiles nucléaires. Le président Kennedy lance alors un ultimatum aux forces soviéto-cubaines d’avoir à retirer les misilles sous peine de riposte nucléaire. Kroutchev, le président soviétique, s’inclinera mais de ce jour à aujourd’hui, Cuba est soumis à un embargo américain féroce. Lorsqu’il se rend aux Etats-Unis, en 1979, pour donner un discours devant l’ONU, les journalistes demandent à Fidel Castro s’il porte un gilet pare-balles.Il ouvre sa chemise sur son torse nu et lance: « J’ai un gilet moral. ». Avec son moral d’acier, Castro meurt de sa belle mort le 25 novembre 2016 après avoir remis, en 2008, le pouvoir à son frère et compagnon d’armes Raoul Castro. Il aura défié et survécu à 11 présidents américains:

1- Dwight Eisenhower (1953-1961): Républicain. Il fournit des armes et un soutien logistique au dictateur Fulgencio Batista contre la guérilla de Castro. Il rompt les relations avec Cuba en janvier 1961 et prépare l’invasion de la baie des Cochons.

2- John F. Kennedy (1961-1963): Démocrate. Il donne le feu vert à l’opération de la baie des Cochons en avril 1961. Acteurs-clé de la crise des missiles en octobre 1962, il met en place l’embargo économique contre Cuba. Au moment de son assassinat, il tentait de négocier avec Castro.

3- Lyndon Johnson (1963-1969) : Démocrate. Il renforce l’embargo et essaie d’entraver le commerce de nickel cubain vers le bloc soviétique. Il approuve les plans de la CIA contre Castro en entretenant, notamment, des guérillas anti-castristes .

4- Richard Nixon (1969-1974): Républicain. Il renforce les actions contre le régime castriste, comme les enlèvements de pêcheurs. Il fait également barrage aux exportations cubaines de nickel.

5- Gerald Ford (1974-1977): Républicain. Sous son mandat, les attaques contre les ambassades et intérêts cubains à l’étranger se multiplient. Un attentat contre un avion de la Compagnie « Cubana », au départ de la Barbade, fait 73 morts. Il finira par autoriser le premier voyage de chefs d’entreprises américaines à Cuba, assouplit l’embargo et les relations diplomatiques.

6- Jimmy Carter (1977-1981): Démocrate. Il assouplit l’embargo et ouvre des bureaux d’intérêts à Washington et La Havane tandis que débutent les premières visites des exilés à Cubains. Des pactes sur la délimitation des zones maritimes économiques sont signés. En 1980, une nouvelle crise se produit à cause de la présence de chasseurs-bombardiers russes à Cuba. Carter visitera Cuba à deux reprises quand il quitte le pouvoir.

7- Ronald Reagan (1981-1989): Républicain. Il renforce les mesures hostiles au régime castriste et durcit l’embargo. La fondation nationale cubano-américaine, principal regroupement d’exilés cubains, voit le jour, ainsi que des radios et télévisions Marti du gouvernement américain émettant vers Cuba. Reagan fait signe cependant le premier accord migratoire  avec Cuba en 1984.

8- George H. Bush (1989-1993): Républicain. Il profite de la chute de l’URSS pour durcir l’embargo contre Cuba, avec la « loi Torricelli ». Les succursales d’entreprises américaines à l’étranger se voient interdire de faire des affaires avec Cuba.

9- Bill Clinton (1993-2000): Démocrate. Applique la loi Torricelli et approuve la loi Helms-Burton qui renforce l’embargo.

10- George W. Bush (2001-2008): Républicain. Il accroît le soutien financier aux groupes anti-castristes et renforce l’embargo; il limite les voyages et les envois d’argent à Cuba. Il autorise cependant un commerce restreint de biens alimentaires.

11- Barack Obama (2009-2017): Démocrate. C’est le premier président américain à ne pas trouver Fidel Castro au pouvoir. Il opère, fin 2014, un rapprochement historique après un demi-siècle d’hostilités et rétablit les liens diplomatiques avec l’île cubaine en 2015.

Comme s’il était maître de son destin, Castro a attendu le départ du pouvoir de son premier « ami » américain (Obama) pour dire adieu à la vie. Sacré Fidel!

Tiékorobani

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