Cercle de Teninkou: l’école sombre dans la léthargie

Dans le cercle de Téninkou, en région de Mopti, seuls 10 des 93 établissements scolaires fonctionnent depuis 2012. A cause de l’insécurité ambiante et de l’absence des forces maliennes, les notabilités et certains acteurs du milieu scolaire ont demandé aux enseignements de ne pas rouvrir les classes lors de la rentrée 2016, promettant de se raviser en cas de retour de la sécurité. En vérité, après plus de trois ans sans école, les populations ont perdu le goût pour le savoir et préfèrent utiliser leurs enfants à des fins plus économiques: les champs.

Un responsable du Centre d’Animation Pédagogique (CAP) de Téninkou nous raconte que depuis l’éclatement de la rébellion au nord, en fin 2011, seuls fonctionnent les établissements scolaires de Téninkou-ville, de Dioura, de Diondiori et de Diafarabé. La plupart des enseignants du cercle se sont refugiés à Téninkou-ville, fuyant l’insécurité qui sévit dans leurs postes réels d’affectation.

Une source digne de foi nous indique que les anciens enseignements du second cycle n’ont pas, jusqu’à présent, rejoint leur poste, contrairement aux nouveaux. La réticence des enseignants perdure malgré les efforts déployés par les mairies locales pour distribuer gratuitement des fournitures scolaires aux élèves. Certaines organisations non gouvernementales viennent régulièrement en aide aux mairies pour l’équipement des établissements scolaires; elles encadrent elles-mêmes des enfants non-scolarisés ou déscolarisés.« Si les cours se déroulent presque normalement à Téninkou-ville,  c’est parce que la ville est sécurisée par un contingent militaire malien. Malgré tout, enseignants et  élèves vivent dans la psychose et le moindre bruit affole », confie notre interlocuteur. La psychose est générale à Téninkou depuis les dernières attaques djihadistes qu’a connues la ville. En prélude à l’ouverture des classes pour 2016-2017, une rencontre entre les partenaires scolaires a eu lieu afin de permettre au maximum d’établissements de rouvrir. « Ce fut peine perdue, témoigne un enseignant. Il serait bon que le ministère de l’Education nationale réagisse car il est tenu au courant de tout ce qui se passe à Téninkou à travers le compte-rendu des différentes rencontres.Je trouve inadmissible que les écoles ne fonctionnent pas alors que l’administration territoriale est bien présente à Téninkou à travers le préfet et ses deux sous-préfets ».

Abdoulaye Koné

Catégories : Eduaction,MALI

Étiquettes : ,,

Les commentaires ne sont plus acceptés.