Cercle de Dioila: le marabout-féticheur détourneur de femmes atterrit en prison

Dans notre livraison du lundi 4 juillet 2016, nous vous décrivions le débauchage de femmes auquel se livrait un marabout-féticheur Tiamou Traoré qui, entre autres, avait réussi à faire disparaître la dame Hadja Traoré, épouse de son cousin. Suite à nos révélations, l’affaire a été prise au sérieux par qui de droit et des développements inattendus se sont produits.
Les habitants de Kôssourini Sira, un hameau du village de Maba, cercle de Dioila, se souviendront longtemps de Tiamou Traoré (photo). Ce féticheur qui se dit marabout avait pour habitude d’utiliser ses sciences occultes et la crainte qu’ils inspiraient pour débaucher les épouses d’autrui et convoler en justes noces avec elles. Le marabout-féticheur a ainsi mis la main sur la dame Hadja Traoré, épouse de son cousin Badra Traoré. Suite à notre article du lundi 4 juillet, qui fut largement diffusé par les radios locales, Badra Traoré porte plainte contre Tiamou pour enlèvement de femme. Le dossier est transmis au commissariat de police de Kadiolo dirigé par Daouda Diarra. Ce dernier confie le dossier au chef de la brigade de recherches, Sorry Sidibé, qui mobilise ses hommes pour retrouver le marabout-féticheur et la dame Hadja qu’il avait cachée. La police s’est appuyée sur les photos diffusées par votre journal.

Arrestation de Tiamou Traoré

Un lundi, vers 6 h du matin, Sorry Sidibé est ses hommes, en compagnie de Badra Traoré, quittent Dioila pour le village de Kossourini Sira où, selon des sources, le marabout-féticheur était revenu en vue de régler quelques urgences. L’équipe policière arrive au village et, sur les indications de Badra, rejoint le domicile de Tiamou Traoré. Surpris derrrière les toilettes, le marabout-féticheur est sommé de suivre les enquêteurs. Il est conduit au commissariat de Dioila et gardé à vue. Après interrogatoire, Tiamou lâche le morceau. Il révèle que Hadja, sa dulcinée, se trouve actuellement à Baguineda, route de Bamako. Le lendemain, vers 15 h, Sorry Sidibé et ses hommes, accompagnés de Tiamou et de Badra, prennent la direction de Baguineda où ils arrivèrent aux environs de 21 heures. Se faisant adjoindre des éléments de la gendarmerie de Baguineda, les policiers venus de Dioila font une descente chez la dame Hadja. Ils lui demandent de les suivre à Kadiolo. La dame obtempère. A Kadiolo, une foule de parents et de témoins est réunie et interrogée. Au bout du compte, la dame Hadja reconnaît avoir été logée à Baguineda par le marabout-féticheur Tiamou Traoré qu’elle était allée consulter à cause d’une stérilité persistante. A ses dires, en lieu et place de rémèdes anti-stérilité, Tiamou lui a donné des produits magiques destinés à l’ensorceler: « J’en buvais; je me lavais avec d’autres infusions », explique Hadja. Qui ajoute que le marabout-féticheur lui faisait aussi réciter certaines sourates coraniques. « En fin de compte, j’ai éprouvé un fol amour pour Tiamou qui m’a fait quitter le village pour Baguineda », avoue la dame. Comme si les pouvoirs du magicien avaient perdu tout effet sur elle, Hadja se déclare prête à retourner chez son mari Badra Traoré. Quant à Tiamou Traoré, le séducteur, il s’engage, devant les policiers, à renoncer à la dame Hadja Traoré et à la laisser à son légitime époux, Badra. A la question de savoir s’il n’en était pas à sa deuxième comparution devant la police, le marabout-féticheur a répondu que sa première comparution n’était pas liée à un détournement de femme mais à « un problème d’enfant ». En fait, lors d’une première comparution, Tiamou avait détourné une dame qui allaitait un enfant: le mari de la dame s’était adressé à la police pour récupérer l’enfant…

Détention préventive

Toujours est-il que le procès-verbal d’enquête préliminaire a été transmis par le commissariat de Kadiolo au juge de la ville. Le magistrat, au regard de la gravité des faits et des menaces que fait peser Tiamou sur l’ordre public, place l’intéressé sous mandat de dépôt pour enlèvement et séquestration de la femme d’autrui. Nous suivrons pour vous le jugement prévu pour le 30 août.

Abdoulaye Koné

Catégories : FAITS DIVERS,MALI

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