AQMI se réorganise: les nouveaux enjeux

Quelques heures après la mise en place des Autorités intérimaires dans le nord-Mali, les groupes terroristes ont annoncé leur réorganisation. Ançar Eddine du Malien Iyad Ag Ghaly (avec son sous-groupuscule peulh appelé Front du Macina), El-Mourabitoune de l’Algérien Belmokhtar et le groupe Imarat Mantiqat Essahra signent tous leur retour au sein d’AQMI. La nouvelle alliance a été annoncée le 2 mars dans une vidéo. AQMI reste, bien entendu, sous la direction d’Abdelmalek Droukdel, lequel reçoit ses ordres d’Aymen El-Zawahiri, le chef suprême mondial de la nébuleuse Al-Qaïda.

Inflation de la violence

La réorganisation des groupes terroristes marque leur reprise en main par AQMI. Elle annonce surtout ujne recrudescence des attaques terroristes car l’une des stratégies d’AQMI est de mettre en compétition les chefs de ses « Katibas » (brigades). Chaque chef de brigade a besoin de se signaler à la haute attention de Droukdel par des actions d’éclat. En contrepartie, l’organisateur des attentats bénéficie de fonds, de droits territoriaux et aussi d’une montée dans la hiérarchie terroriste. C’est dans cette logique qu’il faut   interpréter  les multiples attentats commis par  Belmokhtar au Mali et au Burkina Faso. Iyad Ag Ghaly est pris dans la même spirale de violence: pour exister et se faire une place dans la nébuleuse, il doit multiplier les attentats.

Les patrouilles mixtes dans le collimateur

Le processus de paix lancé au nord-Mali est, de manière générale, la cible des terroristes. A commencer par les patrouilles mixtes qui préludent de la reprise en main du territoire septentrional par des forces maliennes ou qui se disent proches du Mali. L’attentat du 18 janvier 2017, qui a tué à Gao 77 membres des patrouilles mixtes, montre bien qu’AQMI ne laissera pas facilement remettre en cause sa liberté de circulation dans le grand désert malien. Une liberté dont dépend le succès de ses très lucratifs trafics d’armes, de drogue et d’otages dans tout l’espace sahélo-saharien.

Le problème est qu’AQMI dispose de relais à peine secrets dans la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui, pourtant, est membre à part entière des accords de paix signés avec le Mali. Cette situation n’est pas près de changer car l’existence et le maintien de la puissance d’AQMI participent aussi de la stratégie de l’Algérie de garder, à travers ce groupe terroriste,  un moyen de pression à la fois sur le Mali et sur la France dont l’armée de Bouteflika n’a accepté que du bout des lèvres l’intervention au nord-Mali.

Autre cible annoncée par AQMI: les Occidentaux. “Nous serons unis sous les ordres d’un seul chef et en rangs serrés pour affronter l’ennemi croisé et occupant”, déclare le message vidéo diffusé. Ces « croisés », ce sont les forces françaises que le chef d’Ançar Eddine avait déjà menacées à plusieurs reprises, mais aussi les forces internationales qui font d’ailleurs l’objet d’attaques terroristes récurrentes.

Tiékorobani

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